PARIS (Reuters) - Le président Nicolas Sarkozy a défendu son projet de refonte de la défense française, avec des armées moins nombreuses mais, a-t-il promis, plus mobiles, mieux équipées et mieux entraînées.

Le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale qu'il a présenté à plus de 3.000 cadres des armées et de la sécurité intérieure prévoit de réduire les effectifs militaires et civils de la défense de 54.000 personnes en six ou sept ans.

Les armées françaises compteront ainsi à terme 225.000 personnes - 131.000 pour l'armée de terre, 55.000 pour l'armée de l'air et 44.000 pour la marine.

"Je sais, je l'assume, c'est une baisse substantielle des effectifs", a déclaré Nicolas Sarkozy, qui a confirmé qu'elle porterait surtout sur les soutiens et l'administration.

"Il faut revoir l'organisation de nos soutiens, il faut concentrer les implantations, il faut ramener les effectifs au niveau des objectifs opérationnels", a-t-il expliqué.

Il a promis que le gouvernement serait "inventif" pour compenser par des "mesures d'accompagnement" la fermeture ou le transferts de bases et de casernes, sujet hautement sensible qui suscite l'ire des élus concernés de tous bords.

Le chef de l'État a déclaré "savoir parfaitement" que le gouvernement serait confronté à des manifestations et des protestations contre la mise en oeuvre de cette politique.

377 MILLIARDS D'EUROS D'ICI 2020

"Mais que les choses soient claires : dans mon esprit l'armée, ça assure la sécurité de la Nation, pas l'aménagement du territoire", a averti Nicolas Sarkozy.

"Il faut choisir, et ce débat-là, chacun sait que ça fait des décennies que nous le connaissons. Eh bien aujourd'hui, nous le tranchons, je le tranche et je l'assume", a-t-il répété.

Nicolas Sarkozy a assuré que les économies réalisées seraient réinvesties dans les matériels et l'entraînement des armées, ainsi que dans l'amélioration de la condition militaire.

Il s'est engagé mardi à ce que le gouvernement consacre 377 milliards d'euros aux armées françaises d'ici 2020, dont 200 milliards pour leurs équipements.

"Le budget de la défense ne baissera pas, l'inflation sera compensée et le budget progressera dès 2012, donc pendant mon mandat", a-t-il dit.

Il a ajouté que les armées disposeraient de trois milliards de crédits supplémentaires par an pour leurs équipements, soit une hausse de près de 20% de ces crédits.

Il a notamment promis un "effort massif" pour le développement et la modernisation des services de renseignements, qui constitueront une nouvelle "fonction stratégique" prioritaire, la fonction "connaissance et anticipation", et seront pilotés par un coordonnateur placé auprès de la présidence de la République.



Emmanuel Jarry, édité par Sophie Louet