04.09.08
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Si l'opposition a pleinement rempli son rôle, dénonçant tour à tour "la privatisation de la République" - selon Martine Aubry, maire (PS) de Lille - et des "décisions arbitraires et disproportionnées" - dixit François Bayrou, président du MoDem -, d'autres réactions, plus inhabituelles, témoignent d'un véritable malaise face à une sanction perçue comme profondément injuste. Ainsi de la Ligue des droits de l'homme, qui a fait part de son "incompréhension totale" de la décision prise à l'encontre de M. Rossi, "reconnu par beaucoup pour ses qualités professionnelles, sa capacité à agir avec mesure et son sens du service public". De façon plus surprenante encore, Jean-Guy Talamoni, conseiller territorial nationaliste ayant participé à la brève occupation de la villa de M. Clavier, a fustigé "l'arbitraire le plus total dans la gestion des affaires corses, (qui) touche aussi les collaborateurs de l'Etat". "On gère les affaires corses comme on a géré les affaires africaines, de façon coloniale et dans l'arbitraire", a-t-il ajouté. Face au tollé, une source du ministère de l'intérieur expliquait, mardi 2 septembre dans l'après-midi, que l'éviction de Dominique Rossi était également motivée par "les dégradations" auxquelles se seraient livrés les manifestants indépendantistes dans la propriété de M. Clavier. "Une pure calomnie", selon Rose-Marie Prosperi, élue territoriale qui a participé à l'occupation et qui précise que "les militants ont même aidé le couple de gardiens à ranger bouteilles et verres d'eau mis à leur disposition". Un communiqué de Camille de Rocca-Serra, député UMP de la Corse-du-Sud et président de l'Assemblée de Corse, ami intime de Christian Clavier et propriétaire du lotissement de la Punta D'Oru, à Porto-Vecchio (Corse-du-Sud) où le comédien a fait bâtir sa villa, a d'ailleurs condamné "l'incivisme" de cette action, mais a reconnu qu'elle avait eu lieu "sans dégradations". SILENCE DES ÉLUS CORSES Les élus corses, rarement avares de commentaires publics et de condamnations enflammées pour toutes sortes de motifs - attentats, hold-up, problèmes de voirie, etc. -, observent prudemment un silence quasi-total depuis l'annonce de l'éviction de M. Rossi. Selon le ministère de l'intérieur, une note des services de police aurait fait état, dès vendredi soir, d'une possibilité d'occupation du domaine de la Punta d'Oru par les nationalistes. "En tant que propriétaire du domaine et en tant que député, je n'en ai pas été informé", s'étonne M. de Rocca-Serra. Dans un communiqué publié dimanche 31 août, au lendemain de l'occupation de la résidence secondaire de son ami comédien, M. de Rocca-Serra avait fustigé "la pression physique et psychologique, la perversion, le trouble et la dictature de pensée que certains tentent d'imposer en Corse". Précisément l'attitude que les opposants de M. Sarkozy lui reprochent dans "l'affaire Rossi". |
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