16.05.09
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L'univers pourrait bientôt nous révéler d'autres de ses secrets. Pour ouvrir la boîte, deux clés: Planck et Herschel, deux satellites lancés avec succès ce jeudi 14 mai depuis la base de Kourou, en Guyane française. Leur mission: collecter des données qui devraient permettre de connaître "l'enfance de l'univers" et la formation de ses éléments. A 1,5 millions de km de la Terre, un engin spatial de 4,20 m sur 4,20 m, doté d'un télescope de 1,5 m, tournera sur lui-même. Il s'agit de Planck, satellite réalisé par l'Agence spatiale europénne (Esa), avec participation substantielle de la Nasa (comme indiqué sur son site). Son objectif: cartographier avec précision l'univers dans sa prime jeunesse, alors qu'il n'avait que... 380 000 ans. "Purée" de lumière et de matière Comment collecter des informations datant de 13,7 milliards d'années? Pour comprendre, un retour sur la théorie du Big Bang s'impose. L'explosion originelle a donné naissance à notre univers, "purée" de lumière et de matière extrêmement dense et chaude, du fait de sa concentration dans un petit espace. Une zone totalement opaque, juqu'aux 380 000 bougies de l'univers, qui entre alors en expansion. Le plasma perd en densité et l'univers devient de plus en plus transparent. La température diminue, la matière se structure en atomes. La lumière peut alors émettre son rayonnement, emportant avec elle "l'empreinte" des éléments qu'elle rencontre. Empreinte qui ne nous parvient qu'aujourd'hui, 13,7 milliards d'années plus tard, dans le domaine des micro-ondes. Avec ces deux instruments sensibles aux ondes de l'ordre du millimètre, Planck va pouvoir observer les fluctuations de température et les "anisotropies, c'est-à-dire de petites irrégularités" de ce rayonnement fossile, explique Jean-Loup Puget, de l'Institut d'astrophysique spatiale (IAS) d'Orsay. Offrant ainsi aux scientifiques une mine de renseignements qui constitueront une véritable "photographie" de l'univers avant la formation des étoiles et des galaxies, d'autres grands mystères que Herschel, compagnon de voyage de Planck, sera chargé de lever. Dans le milieu proche, Herschel s'intéressera aux nuages de molécules, ces berceaux où naissent les étoiles. "Il nous est difficile de comprendre comment, à partir de particules éparses, se forme un objet dense, une étoile", confie Laurent Vigroux, directeur de l'Institut d'astrophysique de Paris. Problème: pour en savoir plus, il faut passer à des températures très basses afin d'observer des cocons de jeunes étoiles en formation qui n'émettent que dans l'infrarouge lointain. Cette longueur d'ondes est presque invisible, notamment en raison du gaz et de la poussière qui composent ces nuages opaques. Des contraintes qui ont, jusque-là, empêché toute étude. Histoire cosmologique Une situation à laquelle Herschel va remédier. De ses 7,5 m de hauteur, le plus grand observatoire spatial jamais lancé fixera sa cible de ses instruments ultra-sensibles réfrigérés à des températures avoisinant le zéro absolu (-273,15°C). En ligne de mire: les grains de poussière, véritables "messagers" puisqu'ils retransmettent la lumière émise par les cocons. Ils vont ainsi fournir de précieuses données sur la formation des étoiles. Dans l'univers lointain, le satellite sondera les galaxies, appliquant un processus similaire. Objectif: remonter dans le temps, quelque... 10 milliards d'années en arrière! De quoi retracer l'histoire cosmologique de ces corps célestes et découvrir leur évolution au fil du temps. Les deux missions, réunies pour des questions d'économie de lanceur et de développement, enverront leurs données vers la même station sur Terre. Prochain rendez-vous fin décembre 2009, pour les premiers résultats d'Herschel... |
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