07.09.09
![]()
L’information a été confirmée hier soir par un porte-parole de l’ONU, Farhan Haq. La Libye a bien voulu que la mort de la Suisse soit au menu des débats des Nations Unies, a-t-il lâché. Mais sa requête a été rejetée il y a un mois déjà car elle trahit la charte de l’ONU : aucun membre ne peut menacer l’existence ou la souveraineté d’un autre. Le danger que la Libye force l’ONU à débattre de la disparition de la Suisse n’est pas encore tout à fait écarté. Selon Farhan Haq, joint par l’ATS, il est très improbable que la demande libyenne puisse être au programme. Mais, nuance-t-il, les dernières modifications à l’ordre du jour sont encore possibles jusqu’à deux jours avant le début de la session. Théoriquement, donc, Muammar Kadhafi peut encore proposer la mort de la Confédération aux Nations Unies. «Un Etat peut demander un ajout à l’ordre du jour, explique Marcelo Kohen, professeur à l’Institut des hautes études internationales, à Genève. Il doit faire parvenir une note demandant cet ajout au président de l’Assemblée générale de l’ONU.» Soit à Ali Treki, l’ami de Kadhafi. Lors de l’ouverture de l’assemblée, les 192 Etats passeraient au vote: acceptent-ils ou pas ce point à l’ordre du jour. «Il faut la majorité simple des votants», précise le spécialiste. Si le oui l’emportait, la mort de la Suisse serait ajoutée au menu, quelque part entre les sujets «Prévention des conflits armés» et «Effets des rayonnements ionisants». Le professeur ajoute: «Tout cela me semble impensable mais précisons que les résolutions de l’ONU n’ont pas de valeur contraignante. Et, si on continue dans la théorie, j’imagine que la Suisse pourrait alors demander des réparations à la Libye pour atteinte à sa souveraineté, sourit-il. Par exemple des excuses…» Le colonel Kadhafi ne prendra sans doute pas le risque de tenter une seconde fois de passer par la voie officielle. Mais un autre scénario se dessine déjà à l’horizon: il pourrait simplement profiter de ses montées à la tribune, prévues les 22 et 23 septembre, pour s’en prendre à la Suisse. «Là, rien ne peut l’empêcher de dire tout ce qu’il veut, précise Marcelo Kohen. Il prendrait alors l’ONU en otage, comme un certain Ahmadinejad il n’y a pas si longtemps.» |
|