Depuis quelques jours, des affiches représentant un portrait de Nicolas Sarkozy avec la mention "Yes we can !" avaient fleuri dans Paris. Evidentes référence à la campagne du candidat Barack Obama, elle n'avaient jusqu'à présent pas été revendiqué et l'UMP avait même démenti toute implication. L'association écologiste Greenpeace a finalement annoncé, mercredi 3 décembre, qu'elle en était à l'origine, le but de cet affichage sauvage étant d'attirer l'attention du grand public sur l'importance des négociations internationales en cours sur le climat.

Mercredi au matin, Greenpeace a prolongé cette campagne "SarkObama" en recouvrant les panneaux publicitaires de la station de métro République, à Paris, d'affiches représentant Nicolas Sarkozy assorties du slogan : "Réduire de 30 % les émissions de gaz à effet de serre en Europe ? Yes, you must !" ("Oui vous, devez!"). "Cette campagne de buzz, a expliqué Pascal Husting, directeur général de Greenpeace France, vise à éveiller la curiosité du grand public et à faire le maximum de bruit à propos d'un événement essentiel qui, aujourd'hui, malheureusement, n'intéresse pas grand-monde : l'adoption imminente du paquet 'climat-énergie' par l'Union européenne, alors que la Conférence des Nations unies sur le climat bat son plein à Poznan".

Pour Greenpeace, le président français "porte une lourde responsabilité" car il a laissé les Etats membres "s'engluer dans la défense de leurs intérêts nationaux de court terme au lieu de porter haut et fort l'intérêt collectif et les impératifs de la lutte contre les changements climatiques." Greenpeace estime que le chef de l'état français a "une dernière chance de redresser la barre" lors du sommet européen des 11 et 12 décembre, en faisant adopter par l'Europe une réglementation confirmant l'engagement de l'UE à réduire de 20 % ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020, et 30% si les autres pays développés s'engagent.



Le Monde