03.03.09
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L’analyse repose sur des échantillons de sang prélevés lors d’une campagne menée entre 2003 et 2004 sur près de 1800 citoyens américains, âgés de 12 ans et plus. L’étude montre que, par exemple, dans 99,7% des cas, la présence de DDE est décelée dans le sang. Or, le DDE est le produit issu de la décomposition du DDT, un insecticide organochloré cancérigène, interdit aux USA depuis 1973. Il en est de même pour l’hexachlorobenzène, fongicide interdit en 1984, retrouvé dans 99,9% des échantillons. Si la diminution des concentrations dans le sang humain, comme celles observées pour les dioxines, est plutôt rassurante, la très forte occurrence de nombreux polluants organochlorés dans les échantillons est la preuve que, malgré les interdictions, les populations sont toujours exposées. Outre la rémanence des produits et leur accumulation dans l’environnement, les chercheurs pensent que la consommation d’aliments venant de pays où s’utilisent encore de tels chimiques peut également être responsable. Ces résultats, si on ne les lit pas comme des arguments au protectionnisme, semblent plutôt être un appel à l’élargissement et au renforcement des conventions internationales : la Convention de Stockholm sur l’interdiction des POP, la Convention de Genève sur la pollution atmosphérique transfrontière à longue distance ou encore la Convention de Rotterdam sur la responsabilité partagée entre les pays exportateurs et importateurs de produits agro-chimiques toxiques. Une fois encore, tout le monde est dans le même bateau, et il est incohérent pour les pays industrialisés de se payer le luxe d’une décontamination sans soutenir les autres nations et sans arrêter d’y diffuser allègrement leurs produits. |
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