L'Union européenne a renforcé les mesures de sécurité pour les transactions sur son marché d'échanges de droits à polluer, à la suite d'une cyberattaque qui a touché de nombreux pays, a annoncé la Commission européenne.

Les représentants des États ont donné leur aval à une révision des procédures de sécurité permettant aux opérateurs de ce marché de se connecter à la plate-forme de transaction en ligne du marché de l'UE (Emissions Trading System, ETS).

Désormais, les administrations nationales pourront refuser l'ouverture d'un nouveau compte, mais également suspendre ou fermer un compte, précise la Commission. "C'est une excellente chose", a souligné la commissaire en charge du Climat, la Danoise Connie Hedegaard.

La révision a été rendue nécessaire après une opération de piratage le 28 janvier, via la pratique dite du "phishing" (hameçonnage) sur internet. Des opérateurs ont reçu de faux courriels à en-tête d'ETS envoyés par des escrocs leur demandant de se connecter au marché européen des droits à polluer via un site internet apparaissant comme celui de la Commission européenne. Le prétexte avancé était un renforcement des normes de sécurité.

Les victimes l'ont fait en révélant au passage leurs codes d'identification et leurs mots de passe sur la plate-forme, permettant aux pirates de réaliser ensuite des transactions frauduleuses à leurs dépens, en leur volant par exemple des certificats d'émissions de CO2.

Le marché ETS est au centre des efforts de l'Union européenne pour pousser les industries à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et limiter le réchauffement du climat.

Pour l'heure, les entreprises qui y participent reçoivent gratuitement des quotas de CO2. Les bons élèves qui parviennent à émettre moins de CO2 que ce qui leur a été attribué peuvent revendre leurs surplus aux mauvais élèves qui polluent trop et ont besoin de certificats supplémentaires.

Il est prévu de rendre ces droits à polluer payant en 2013 pour certains secteurs.



AFP