Tags: réchauffement29.12.09
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Coup de théâtre au Conseil constitutionnel. C'est ni plus ni moins le pilier du budget 2010 que les Sages ont retoqué en décidant d'annuler la taxe carbone. Dans leur décision, les juges constitutionnels - saisis la semaine dernière par les parlementaires socialistes - ont estimé que la loi créait trop d'exemptions, ce qui est «contraire à l'objectif de lutte contre le réchauffement climatique» et crée une inégalité face à l'impôt. «Moins de la moitié des émissions de gaz à effet de serre aurait été soumise à la contribution carbone», en raison de ces multiples exemptions, ont-ils argumenté. Dans le détail, le Conseil constitutionnel a ainsi souligné qu'«étaient totalement exonérées de contribution carbone les émissions des centrales thermiques produisant de l'électricité, les émissions des 1018 sites industriels les plus polluants» (raffineries, cimenteries, cokeries...), «les émissions du transport aérien» ou encore «celles du transport public routier de voyageurs». «Ces exemptions auraient conduit à ce que 93 % des émissions d'origine industrielle, hors carburant, soient exonérées de contribution carbone», selon le texte. La taxe aurait donc «porté essentiellement sur les carburants et les produits de chauffage qui ne sont que l'une des sources d'émission de dioxyde de carbone». Une alternative sera proposée par Fillon le 20 janvier Peu de temps après la publication de la décision des Sages, Matignon a annoncé que François Fillon présentera le 20 janvier en conseil des ministres un nouveau dispositif tenant «pleinement compte des observations du Conseil constitutionnel». Le premier ministre maintient cependant que «cette contribution est nécessaire pour orienter les comportements des entreprises et des ménages en matière de consommation d'énergie et pour réduire les émissions de gaz à effet de serre». De son côté, le Parti socialiste - par l'intermédiaire de sa secrétaire nationale à l'Environnement, Laurence Rossignol - n'a pas attendu pour qualifier la décision des juges constitutionnels de «lourde défaite pour le président de la République». Pour la fédération France Nature Environnement (FNE), c'est - après l'échec de Copenhague - une annulation «catastrophique». «Copenhague a montré que la volonté politique ne suffisait pas dans la lutte contre le changement climatique et aujourd'hui c'est le levier fiscal qui est en berne», a déploré le porte-parole de FNE, Arnaud Gossement. Une mesure chère au chef de l'Etat Voulue par Nicolas Sarkozy, cette taxe, rebaptisée «contribution carbone» par le Sénat, était une mesure phare du projet de budget 2010. Au total, elle aurait dû se traduire par 4,1 milliards d'euros de recettes fiscales l'an prochain, dont 2,2 milliards payés par les ménages. Le chef de l'Etat lui-même l'avait présentée comme une «révolution fiscale» et un «virage majeur» afin de «modifier durablement» les comportements des Français. La taxe visait à inciter les individus à réduire leurs émissions de CO2 en s'appliquant à la consommation d'énergie des ménages et des entreprises, avec une compensation pour les particuliers. Pour les entreprises, la taxe carbone devait se substituer à la taxe professionnelle, dont l'abandon a en revanche été validé par le Conseil constitutionnel. Selon les calculs de l'Insee, son entrée en vigueur - prévue au 1er janvier - devait avoir pour effet une augmentation générale des prix de 0,3% au premier trimestre 2010, et une hausse d'environ 4 centimes par litre d'essence à la pompe. Fixée à 17 euros la tonne de dioxyde de carbone (CO2), elle avait toutefois soulevé d'importantes contestations à gauche, mais aussi à droite, où certains dénonçaient l'instauration d'un nouvel impôt. 15.09.09
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Depuis 1800, le tiers des émissions de CO2 liées aux activités humaines a été absorbée par les océans, ce qui équivaut chaque année à 1 tonne de CO2 par personne. Cette absorption massive a permis de réduire les changements climatiques mais elle entraîne également un bouleversement de la chimie de l'eau de mer. Le CO2 absorbé provoque en effet une acidification des océans et au rythme des émissions actuelles, on estime que le pH diminuera de 0.4 unités d'ici 2100. Ceci correspond à un triplement de l'acidité moyenne des océans, ce qui est une première dans ces derniers 20 millions d'années. L'équipe du LOV, dirigé par Jean-Pierre Gattuso, a étudié l'impact d'une telle diminution de pH sur des organismes calcificateurs. Les ptéropodes (escargots marins nageurs) et les coraux profonds vivent dans des zones qui seront parmi les premières à être frappées par l'acidification des océans, alors que leur rôle au sein de leurs écosystèmes est essentiel. Le ptéropode Limacina helicina joue un rôle important dans la chaîne alimentaire et le fonctionnement de l'écosystème marin Arctique. Sa coquille calcaire constitue une protection vitale. Or, l'étude menée au LOV montre que cet escargot construit sa coquille à une vitesse 30 % plus faible lorsqu'il est maintenu dans une eau de mer ayant les caractéristiques attendues en 2100. Une diminution encore plus forte (50 %) a été mesurée chez le corail d'eaux froides Lophelia pertusa. Alors que les récifs coralliens tropicaux sont formés par un grand nombre d'espèces, les communautés coralliennes d'eaux froides sont élaborées par une ou deux espèces de coraux mais abritent un grand nombre d'autres espèces. Une diminution de la croissance des coraux constructeurs par l'acidification des océans peut donc menacer l'existence même de ces édifices. Ces premiers résultats publiés soulèvent de grandes inquiétudes sur le futur des ptéropodes, des coraux profonds et des organismes qui dépendent d'eux pour leur nutrition ou pour leur habitat. Les programmes de recherches tels que EPOCA(1), coordonné par le CNRS, développent de nouvelles études sur d'autres organismes et écosystèmes marins. Ils réalisent des expériences de longue durée et étudient l'impact conjoint de l'acidification des océans et d'autres paramètres qui seront également modifiés dans les prochaines décennies, comme la température et la concentration de sels nutritifs. L'acidification des océans ne peut être contrôlée qu'en limitant les concentrations futures de CO2 dans l'atmosphère. Des négociations visant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre (COP 15) sont en cours et devraient être finalisées à Copenhague en décembre prochain. Ces négociations devront prendre en compte, non seulement le bilan radiatif de la planète, mais aussi le caractère acide du CO2 qui, une fois absorbé dans l'océan, aura des répercussions qui pourraient être dramatiques sur de nombreux organismes et écosystèmes marins. 29.07.09
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Des responsables chinois et américains ont signé un protocole d'accord au département d'Etat, à Washington, à l'issue de deux journées d'entretiens économiques et stratégiques. La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a déclaré que ce protocole d'accord soulignait l'importance prise par le réchauffement climatique dans les relations américano-chinoises. "Cela fixe à nos pays un cap, au moment où nous coopérons pour faire avancer les négociations internationales sur le climat et accélérons la transition vers une économie peu polluante", a ajouté Hillary Clinton à la cérémonie de signature du protocole d'accord. Les représentants des deux pays ont discuté dans le détail des moyens de réduire les émissions de gaz à effet de serre, dans la perspective de la conférence des Nations unies sur le climat qui doit se tenir en décembre à Copenhague et fixer de nouveaux objectifs mondiaux pour tenter de freiner le réchauffement de la planète. DIX DOMAINES DE COOPÉRATION Le protocole d'accord américano-chinois, rendu public par le département d'Etat, ne fixe pas d'objectifs quantifiés mais réitère le soutien à un accord de coopération sur dix ans signé l'an dernier par l'administration Bush. Il met en place d'autre une instance de "dialogue" sur les changements climatiques, qui se réunira régulièrement. "Il (le protocole d'accord) crée une structure de dialogue", a souligné le porte-parole du département d'Etat, Ian Kelly. Le protocole d'accord répertorie dix domaines de coopération, dont l'efficacité énergétique, les énergies renouvelables, une utilisation moins polluante de la houille, le développement des voitures électriques, la recherche et le développement. Le secrétaire américain à l'Energie, Steven Chu, a salué les efforts de la Chine en matière d'environnement, ajoutant cependant que les deux pays se devaient d'aller plus loin. "L'accord d'aujourd'hui (...) établit le cadre pour ce qui, j'espère, sera de nombreuses années de coopération", a-t-il dit. Ce mois-ci, au cours d'une visite en Chine de Steven Chu et du secrétaire américain au Commerce Gary Locke, Pékin et Washington ont lancé un projet commun visant à mettre au point des bâtiments et des véhicules plus économes en énergie, et à étudier les possibilités de développement d'un charbon moins polluant. 28.07.09
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Menée depuis deux ans par une équipe du Centre français de recherche pour l'ingénierie de l'agriculture et de l'environnement (Cemagref), en collaboration avec l'Institut Leibniz pour les sciences marines de Kiel (Allemagne), cette étude concerne les populations de plusieurs rivières et fleuves français, auxquelles s'ajoutent celles de la Baltique et de la mer du Nord. Soit une trentaine d'espèces au total, sur lesquelles les chercheurs ont procédé à une analyse des données publiées au cours des trente dernières années. Leurs conclusions : qu'il s'agisse des barbeaux, des truites ou de toute autre espèce, les poissons ont perdu en moyenne 50 % de leur masse corporelle en un quart de siècle. Déjà responsable d'avoir déplacé vers le nord les flux migratoires des poissons, et d'avoir rendu plus précoce la saison de leur reproduction, le réchauffement climatique est-il ici le seul incriminé ? "Dans chaque milieu pris isolément, on peut attribuer ces décroissances de taille à plusieurs paramètres, physiques, chimiques ou humains. Mais le seul facteur de pression auquel sont soumis tous ces milieux, c'est l'élévation de température", précise Martin Daufresne, écologue au Cemagref et principal auteur de ces travaux. Une expérimentation menée sur du plancton animal et végétal a en effet permis de vérifier que le réchauffement climatique suffisait bien, à lui seul, à réduire la taille des organismes observés. Quelles sont les causes biologiques de cette évolution ? "Un individu peut être petit pour trois raisons : parce qu'il appartient à une espèce de petite taille, parce qu'il est jeune, ou parce qu'il est petit pour son âge", résume M.Daufresne. Trois scénarios non exclusifs les uns des autres, mais dont l'importance relative n'a pas encore pu être déterminée. Cette réduction de taille traduit-elle un changement adaptatif ? Une fragilisation de la faune marine ? Est-elle généralisable à d'autres espèces, aux oiseaux, aux mammifères ? "Se donner les moyens de répondre à toutes ces questions doit aujourd'hui être une priorité", insiste l'écologue. Rappelant que les grandes espèces sont aussi les plus prédatrices, et qu'elles risquent d'être les plus sensibles au réchauffement, il ajoute qu'on ne peut exclure de voir ces chaînes alimentaires se déstabiliser, et d'assister "à une explosion de petites espèces jusqu'alors contrôlées par leurs prédateurs". 22.07.09
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Vivant en liberté dans un chapelet d’îles écossaises, isolés des autres populations de moutons européens, les moutons de Soay intriguent les scientifiques depuis plusieurs années. En effet, sur l’île de Hirta, ces moutons rapetissent : les femelles ont perdu 5% de leur taille en moyenne ces 25 dernières années. La principale cause de ce changement serait le réchauffement climatique, expliquent aujourd’hui des chercheurs dans la revue Science. Des hivers plus courts et plus doux sur Hirta ont créé des conditions de survie différentes, permettant aux moutons de survivre même avec une petite taille. Autrefois, les jeunes moutons de Soay avaient l’habitude de manger beaucoup leur premier été afin de supporter l’hiver. Aujourd’hui ce n’est plus une nécessité, précisent Tim Coulson (Imperial College London, G D’après les mécanismes de l’évolution, plus un animal augmente sa taille plus il a de chances de survivre et de se reproduire. La tendance à la réduction de ces moutons a donc surpris les chercheurs. Leur étude montre finalement que les facteurs environnementaux ont eu raison de ces avantages évolutifs. |
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